PROCHAINE REUNION DE L'ASSEMBLEE CITOYENNE LE VENDREDI 26 JANVIER 2018 A FABREGUES A 19 HEURES
PROCHAINE REUNION DE L'ASSEMBLEE CITOYENNE LE VENDREDI 26 JANVIER 2018 A FABREGUES A 19 HEURES

Publié le22/02/2018

Schneider Electric : une nouvelle vague de licenciements que les syndicats avaient prédit...

La direction du groupe a annoncé lundi la fermeture du site de Fabrègues dans l'Hérault ainsi que la suppression de 18 postes du service comptable de Lattes. Pour la CGT et FO, cette décision s'inscrit dans la continuité de la fermeture, en 2013, du site montpelliérain de la Pompignane et d'un premier PSE à Fabrègues un an et demi plus tard.

C'est hélas loin d'être une surprise. Voilà belle lurette que les syndicats l'avaient vu venir... Après la fermeture du site montpelliérain de la Pompignane en 2013, puis le licenciement, un an et demi après, de 90 personnes sur celui de Fabrègues, la direction de Schneider Electric a annoncé lundi, en Comité central d'entreprise, la fermeture définitive de Fabrègues (54 postes) ainsi que la suppression de 18 des 23 postes du service comptabilité basé à Lattes. Soit une nouvelle purge de 72 postes.

« On savait que ça allait se passer comme ça. Voilà déjà plusieurs mois qu'on est au chômage partiel, lequel fait suite à la réorganisation mise en place par le groupe et qui a conduit au PSE engagé il y a 2 ans et demi. De par les choix commerciaux et stratégiques de la direction, il était impossible que la situation se redresse », estime Sébastien Castiblanque, délégué syndical central CGT sur le site de Fabrègues, présent lundi au CCE à Paris.

 


Nouveau coup de massue chez Schneider

 


« Depuis qu'on a été rachetés [l'activité "Energy" de l'électricien est issue en partie du rachat, en 2010, de la branche distribution d'Areva T&D, NDLR], notre activité a été petit à petit déplacée vers d'autres entreprises historiques du groupe. Ce qui a conduit la direction à nous dire : regardez, votre chiffre d'affaires est en chute libre... Forcément, puisqu'on nous a enlevé l'activité ! », poursuit le représentant syndical CGT.

Début des négociations dans le cadre du PSE les 6 et 7 mars

Une analyse que partage le délégué syndical central FO. « Depuis 2010 on se fait vampiriser les emplois par la maison mère ou d'autres sites. Chaque année on a droit à notre petit cadeau de la part de la direction, ironise-t-il. Ils ne veulent pas maintenir l'emploi dans l'Hérault, c'est tout », dénonce Jean-Charles Bigotière. Comme Sébastien Castiblanque, il s'attendait à la fermeture du site de Fabrègues, selon lui orchestrée par la direction « depuis la première charge menée il y a deux ans et demi, où elle a choisi de rapatrier des activités qui fonctionnaient en laissant, ici, un nouveau produit qui était un produit mort né ».

Il ne s'attendait pas, en revanche, à la suppression annoncée du service comptable sur le site de Lattes (18 postes sur 23). « On a appris en CE que 20 intérimaires font ce travail sur la région grenobloise. On pourrait très bien muter les postes d'intérim sur le service de Lattes et on sauverait 18 emplois », considère-t-il. Une revendication portée dès hier matin auprès de la direction.

Alors que Schneider Electric serait en discussion avec plusieurs repreneurs potentiels - ce qui pourrait déboucher sur une reprise partielle du site - les négociations dans le cadre du PSE débuteront les 6 et 7 mars, à Paris (le plan social devrait prendre effet au mois de juin, la fermeture totale du site de Fabrègues étant prévue pour début 2019). « Nous allons essayer de faire en sorte que tout le monde se retrouve avec une solution en terme d'emploi sur la région montpelliéraine », assure le délégué syndical central FO.

Reste à voir, en matière notamment de reclassement, les solutions qui seront proposées. Alain Vitoz en sait quelque chose. A l'époque délégué syndical central CGT, il s'est battu sans relâche il y a deux ans et demi contre la première vague de licenciements sur le site de Fabrègues. Vague qui l'a emporté...

« Ils m'ont proposé une mutation à Belfort, que j'ai bien sûr refusée car j'étais à quelques années de la retraite et que j'ai toute ma vie ici. Ils m'ont finalement reclassé sur Mudaison, mais ils m'ont enlevé tous mes coefficients et je suis sur une ligne de montage. Autrement dit manutentionnaire, alors qu'à la base je suis dessinateur industriel », livre-t-il. « C'était ça ou aller au chômage ». Le plus fou, c'est que d'après lui, le site de Mudaison s'apprête à fermer à son tour. « Dès le mois de mars, tout le personnel sera transféré à Lattes, et les produits porteurs à Aubenas ».

Une logique du profit implacable, à laquelle les récentes ordonnances d'Emmanuel Macron réformant le code du travail ouvrent un boulevard.

Publié le 03/02/2018

Les aides publiques aux entreprises privées, c’est 200 milliards d’euros !

Daniel Roucous (l'Humanité.fr)

 

Oui vous avez bien lu, l’aide publique aux entreprises privées se monte chaque année à environ 200 milliards d’euros. Les grands groupes encaissent ces sommes astronomiques destinées à aider l’emploi, après avoir pleuré sur le coût du travail, ce qui ne les empêche pas de licencier, à l’exemple de Carrefour.

200 milliards d’euros, c’est à peine moins que le budget de l'Etat  qui se chiffre à 241,5 milliards d’euros en 2018… dont 15 millions seulement pour le Travail contre 16,68  millions en 2017 et 12 millions programmés pour 2019.

Ces chiffres sont confirmés par le pôle économique de la CGT dans un communiqué intitulé l'argent des contribuables dans les poches des actionnaires et par son secrétaire confédéral Mohammed Oussedik dans un interview qu'il nous a accordé.

Des milliers de dispositifs

Ce montant comprend les aides de l’Etat, les exonérations de cotisations sociales ainsi que les aides régionales et européennes, soit des milliers de dispositifs (6 000 selon certaines sources comme Deficreation)  dont la plupart se cumulent et dont on peut avoir une idée sur le site officiel du ministère de l’économie www.economie.gouv.fr/cedef/aides-publiques-entreprises ou encore celui de l’Urssaf https://www.urssaf.fr/portail/home/employeur/beneficier-dune-exoneration/exonerations-generales/la-modulation-assurance-chomage.html ou sur le site de la direction de l’information légale et administrative https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23922

Il existe même un site dédié http://www.aides-entreprises.fr/ En cliquant sur ce lien vous aurez le choix, souvent cumulable, de  1 624 aides publiques dans  10 domaines. Il suffit de taper son lieu d’implantation et le domaine concerné par la demande d’aide, par exemple emploi-formation ou gestion financière et exonération et s’affiche la liste des aides possibles.

Tout ça pour écrire que  l’info numérique sur les aides publiques (c’est-à-dire issues de nos impôts) abonde… bien plus que l’info sur les aides sociales aux personnes les plus nécessiteuses. En effet 1 personne sur 3 y a droit mais ne le sait pas !

Cice et cie

L’aide  qui fait le plus parler d’elle tant par son montant (plus de 20 milliards d’euros) que par son emploi controversé (destiné notamment à alléger le coût du paiement des salariés jusqu’à 2,5 SMIC) est le CICE - Crédit Impôt Compétitivité Emploi

Vous le lirez il est en baisse cette année et sera supprimé en 2019… pour être remplacé par un allègement de cotisations patronales de 6 points sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC complété par un allègement de 4,1 points du Smic à 1,6 SMIC !

Car le comble dans cette histoire de gros sous dont on s’interroge sur leurs utilisations finales est que l’Etat aide les entreprises (d’autres aides existent pour cela) à payer leurs salariés un peu plus que le SMIC alors que c’est une obligation légale de les payer au moins au SMIC ! Notre article SMIC 2018-cest-1498-euros-bruts-par-mois-et-pas-moins-pour-toutes-et-tous-les-salarie-e-s

Depuis le 1er janvier 2017 et jusqu’à la fin de cette année, les entreprises peuvent également bénéficier du CITS-crédit-d'impot-sur-la-taxe-sur-les-salaires

Ce coup de pouce permet aux entreprises d’allèger la taxe sur les salaires parce qu’elles ne paient pas la TVA. Il se cumule avec le CICE et autres allègemetns fiscaux notamment sur les cotisations sociales.

Dans le même temps, la loi de finances pour 2018 (article 84) poursuit le programme de la baisse progressive du taux l'IS - impôt sur les sociétés jusqu'à 25 % en 2022.

Aides à l'emploi ou aux bénéfices ?

Destinées à soutenir l'emploi par un « allègement du coût du travail »,  il n'existe aucun contrôle et aucune sanction en cas de non respect des conditions quand elles existent (certaines aides sont données sans condition). De plus, si la plupart des aides sont imposables, des dérogations permettent d’alléger ou d’exonérer cette imposition.

Par exemple :

- la déduction forfaitaire pour paiement des heures supplémentaires (parce que les employeurs sont aidés à payer les heures sup !) doit respecter deux conditions : respect par l’employeur des dispositions légales et conventionnelles relatives à la durée du travail et les rémunérations afférentes aux heures supplémentaires ne se substituent pas à d’autres éléments de rémunération, sauf si un délai de douze mois s’est écoulé entre le dernier versement de l’élément en tout ou partie supprimé et le premier versement des éléments de rémunération relatifs aux heures supplémentaires.

- pas de conditions pour bénéficier du CICE comme expliqué sur le site du ministère de l'économie Qui a droit au CICE ?

- pas de conditions pour l’aide à l'embauche des travailleurs handicapés

Certes ces aides sont bienvenues pour aider les TPME, PME et PMI, les agriculteurs, artisans et commerçants en difficulté ou encore pour s’installer auto-entrepreneur. Or ce sont surtout les grosses entreprises, affichant d’énormes bénéfices, comme carrefour qui en profitent.

Le cas Carrefour

Ce groupe vient d'annoncer 4 500 suppressions d'emplois et d'empocher 400 millions d'aides publiques par an pour l'essentiel destinées à diminuer les charges salariales. Alors que ses bénéfices tournent autour d’un milliard d’euros !

Se plaindre du cout du travail, la belle et juteuse affaire.

Questionnés à ce sujet,  Philippe Allard, délégué syndical du groupe Carrefour et Amar Lagha, secrétaire général de la CGT commerce, nous ont confirmé que « Carrefour  a touché successivement 350 millions d’euros d’aides publiques consistant en exonération de cotisations salariales et en CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en 2018, 380 millions en 2017, 390 millions en 2016, 423 millions en 2015, 400 millions en 2014, soit un total de près de 2 milliards d'aide publique en 5 ans dont 744 millions au titre du CICE  ! »

Dans le même temps ils nous expliquent que « le groupe Carrefour, 1er employeur de France avec 115 000 salariés, c’est 88 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et 980 millions de bénéfice (6 milliards de 2012 à 2016) dont 500 millions ont été distribués aux actionnaires (2,379 milliards de 2012 à 2016). »

2 milliards d'aide publique en 5 ans ont servi à verser 2 milliards de dividendes aux actionnaires. Pour faire court les 2 milliards d'aide publique sont allés directs dans la poche des actionnaires, pas de l'emploi ni de la compétitivité.

« Le CICE destiné au maintien de l’emploi, c’est en fait 2 400 suppression de poste au siège social, 2 100 emplois menacés  par la fermeture de magasins DIA si pas de repreneurs.  Ajoutons les menaces qui pèsent sur les salariés des magasins qui vont passer en location-gérance, les vendeurs concernés par la réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés etc. Déjà les effectifs avaient baissé de 2 050 salariés », précise Philippe Allard.

Ces chiffres il n’a pas manqué de les rappeler avec la délégation CGT Carrefour au représentant du ministère du travail qui les recevait ce mercredi 31 janvier.

Conclusion d’Amar Lagha : « c’est avec nos impôts qu’on licencie aujourd’hui en France».

C'est pour toutes ces raisons que la CGT Commerce et Services appelle tous et toutes les salarié-e-s du groupe Carrefour à un rassemblement devant Carrefour à la Porte de Montreuil lundi 5 février à 10 heures.

En lien

- analyse du budget 2018 par la CGT

- Notre article carrefour-solde-l-emploi-pour-ses-profits

Daniel Roucous

Journaliste, rubrique "Vos droits"

 

TEXTE DU PÔLE ECONOMIQUE DE LA CGT ; (Publié le 13/01/2018)

 

 CAC 40 : 30 ans d’enrichissement des actionnaires

Plusieurs fois par jour, voire par heure, les média, y compris les média publics, nous informent sur les variations du CAC 40.

Une telle présentation est intimement liée à une idée fausse, entretenue par les libéraux et le patronat, selon laquelle le coeur de l’économie se bat la Bourse.

Qu’en est-il en réalité ?

C’est quoi le CAC 40 ?

Le CAC est l’abréviation de « cotation assistée en continu ».

Le CAC 40 constitue le principal indice de la Bourse de Paris. Il est calculé sur la base de la valeur (« cours ») des actions des 40 sociétés (entreprises industrielles et de services, y compris banques et assurances) les plus importantes présentes à la Bourse de Paris.

Le CAC 40 a été créé en décembre 1987, quelques mois après le fameux « krach de 1987 ».

Lors de sa création, la valeur de cet indice était de 1 000 (« 1.000 points de base »). Trente ans plus tard, au 31 décembre 2017, le CAC 40 dépassait les 5.300 (5.312 points exactement).

Un indicateur de la financiarisation de l’économie

Les actions des entreprises cotées à la Bourse font l’objet de transactions permanentes. De ce fait, la « capitalisation boursière » d’une entreprise cotée à la Bourse peut varier, et varie effectivement, dans le temps.

La capitalisation boursière résulte de la multiplication du nombre d’actions composant le capital d’une société par le cours de bourse de ces actions à une date donnée.

La capitalisation du CAC 40 représente la somme de la capitalisation boursière des sociétés qui composent cet indice.

La capitalisation du CAC 40 a été multipliée par plus de 20 en l’espace de trente ans : en 1987, lors de la création du CAC 40, sa capitalisation boursière était de 56,5 milliards d’euros ; elle a atteint 1.179 milliards en 2017.

Par comparaison, le produit intérieur brut (PIB) de la France était de 860 milliards d’euros en 1987 ; il est de l’ordre de 2.270 milliards en 2017.

La comparaison de l’évolution du CAC 40 qui témoigne de l’état de la Bourse et celle du PIB qui exprime la capacité réelle de la production des biens et services est très instructive.

Entre 1987-2017, le PIB a été multiplié par 2,6. Sur la même période, la capitalisation boursière du CAC 40 a été multipliée par 21, presque dix fois plus vite que la hausse du PIB.

Cet écart impressionnant entre l’évolution de la valeur ajoutée générée à travers la production des biens et services (PIB) et celle de la capitalisation boursière du CAC 40 est un indicateur important de la financiarisation de notre économie.

Un gonflement de la capitalisation boursière des sociétés du CAC 40

En 2017, la première capitalisation boursière du CAC 40 revient à LVMH avec 128 milliards d’euros. Lors de la création du CAC 40 en 1987, la capitalisation boursière de LVMH était de 2,63 milliards et cette entreprise occupait la 7ème place en termes de capitalisation boursière. Sa capitalisation boursière a été donc multipliée par presque 50 (48,7 plus exactement) en l’espace de trente ans.

Il convient aussi de rappeler le cas d’Elf Aquitaine avec une capitalisation boursière de 3,51 milliards en 1987 (1ère place). Le pétrolier Total occupe la 2ème place en 2017 avec une capitalisation boursière de 116,7 milliards. Même s’il ne s’agit pas de la même société, on note une capitalisation boursière multipliée par 33.

Trois autres sociétés se trouvent parmi les dix premières capitalisations boursières du CAC 40 aussi bien en 1987 qu’en 2017 : BNP-Paribas (Paribas en 1987), AXA (Compagnie du Midi en 1987) et Danone (BSN en 1987).

La capitalisation boursière de BSN (Danone) est passée de 3 milliards d’euros (3ème place en 1987) à 47,6 milliards en 2017 (10ème place). Elle a été multipliée par 16.

La capitalisation boursière de Paribas est passée de 2,7 milliards d’euros (6ème place en 1987) à 78,8 milliards en 2017 (4ème place). Elle a été multipliée par 29.

Enfin, la capitalisation boursière d’AXA est passée de 2,35 milliards (9ème place en 1987) à 62,3 milliards (7ème place en 2017). Elle a été multipliée par 26.

Au total, en l’espace de trente ans la capitalisation boursière des dix premières sociétés du CAC 40 a été multipliée par 29, passant de 28 à 800 milliards d’euros (précisons que la composition des « dix premiers de la classe » n’est pas la même en 1987 et en 2017).

 

La Capitalisation boursière des dix premières sociétés du CAC 40 (en mds €)

1987

2017

Société

Capitalisation

Société

Capitalisation

El f Aqui taine

3,51

LVMH

128,1

Peugeot

3,16

Total

116,7

BSN (Danone)

2,99

L'Oréal

105,8

Ai r Liquide

2,97

Sanofi-Aventi

92,5

Saint-Gobain

2,79

BNP Paribas

78,8

Paribas

2,69

Airbus

66,4

LVMH

2,63

AXA

62,3

Société Générale

2,49

Vinci

52,1

Comagnie du Midi (AXA)

2,35

Kering

50

CGE (Alcatel )

2,31

Danone

47,6

Total des dix premières

27,89

Total des dix premières

800,3

               

Source : Les Echos, 22-23/12/2017

               

 

Un contraste impressionnant avec ce que vivent les travailleurs

Selon les libéraux et le patronat, le développement des marchés financiers dont les évolutions de la Bourse est un indicateur serait nécessaire pour le bon fonctionnement de l’économie.

Effectivement, nous constatons une forte hausse de la Bourse et de sa place dans l’économie. Qu’en est-il alors en ce qui concerne les indicateurs économiques et sociaux ?

Les actionnaires ont largement profité de ces évolutions. Ainsi, les sociétés du CAC 40 ont versé plus de 540 milliards d’euros à leurs actionnaires au cours des dernières années.

Mais pour le monde du travail, le développement des marchés et la financiarisation de l’économie auront été synonyme de plus de souffrances.

Pour déconstruire le discours idéologique des libéraux et du patronat selon lequel pour améliorer la situation économique il faut favoriser le développement des marchés financiers, il suffit de comparer l’évolution du CAC 40 avec celles de quelques indicateurs économiques et sociaux comme l’emploi, le chômage et la précarité.

Rappelons que l’indice CAC 40 est passé de 1.000 en 1987 à 5.312 en 2017, après avoir atteint un sommet de 6.922 en septembre 2000.

Pendant ce temps, la part de l’industrie dans l’emploi total a chuté de 18 % en 1987 à 10 % en 2017. Autre indicateur important : sur la base de l’indice de 100 en 2010, la production industrielle est passée de 111 en 1990 à 105 en 2017. Sur la même période, dans l’industrie manufacturière la production est passée de 112 à 107. Ces chiffres attestent d’un recul de l’industrie en termes d’emploi et de production, avec des conséquences néfastes pour les salariés et les territoires. Ce recul va de pair avec la financiarisation de l’économie et la permanence d’un chômage massif et le développement de la précarité et des inégalités.

En effet, le nombre de demandeurs d’emploi selon la définition du Bureau international du travail (BIT) est passé de 2,1 millions en 1987 à 2,7 millions en 2017, le taux de chômage passant de 9 à 9,7 %, après avoir atteint 11 % en 1997.

Pendant ce temps, le taux d’emploi à temps partiel qui est un indicateur de la précarité de l’emploi est passé de 11,7 % en 1987 à 19,2 % en 2016, dernière année pour laquelle les données sont disponibles.

Enfin, le smic horaire était de 4,24 euros au 31/12/1987 et de 9,76 euros au 31/12/2017.

En l’espace de trente ans, les actionnaires du CAC 40 ont vu la valeur moyenne de leurs actions multipliée par cinq, alors que le smic n’a été multiplié que par deux.

En résumé, au cours des trente dernières années les actionnaires du

Services Publics

Le conseil régional d’Occitanie a décidé d’augmenter le temps de travail de ses agents

Publié le vendredi 5 janvier 2018 (site la cgt)

 

La Fédération CGT des Services publics a appris avec stupéfaction la décision prise par le Conseil Régional d’Occitanie Pyrénées Méditerranée d’augmenter le temps de travail de ses agents. Issus d’une majorité qui se revendiquait du progrès social, les élus soutenant l’exécutif ont voté majoritairement pour cette régression le 21 décembre dernier.

Prenant le prétexte de restrictions budgétaires les élus ont encore une fois cédé aux sirènes des politiques d’austérité. Et ce sont encore les agents, la masse salariale, qui en font les frais. Il est faux de penser que l’augmentation du temps de travail va permettre de réaliser des économies. Il est faux de prétendre que les fonctionnaires territoriaux travaillent moins que les autres salariés. Il est injuste de faire porter sur les services publics locaux les choix économiques d’un gouvernement aux ordres du Capital. Il est enfin affligeant de constater que parmi les élus qui n’ont pas voté contre cette décision inique se trouvent des salariés qui se battent, dans leur entreprise, avec leur organisation syndicale, pour la diminution du temps de travail.

La Fédération CGT des Services publics réaffirme que les 1 607 heures sont un maximum et non pas une obligation de conformité à mettre en œuvre impérativement ! Elle revendique, pour tous les salariés la diminution du temps de travail à 32 heures.

Alors que l’Allemagne est sans cesse citée en exemple, les syndicalistes d’IG Metall revendiquent les 28 heures, car ils vont dans le sens de l’histoire ! Force est de constater que les élus d’Occitanie ne vont pas dans le sens de l’histoire. La Fédération CGT des Services publics apporte son soutien plein et entier aux agents qui se sont battus et qui se battront encore contre ce vote !

Pour rappel, les personnels de la Région Occitanie ont réalisé, le 30 juin 2017 au Cap-d’Agde, la fusion des syndicats CGT qui pré-existaient dans les deux anciennes collectivités, dotant ainsi les fonctionnaires et agents territoriaux d’un syndicat à l’échelle de la nouvelle région.

Le syndicat CGT-Région Occitanie a pour vocation de fédérer plus de 6700 agents territoriaux répartis sur 13 départements et sur plus de 250 sites, aux profils professionnels aussi variés que divers dans les lycées, les services généraux, les ports, les musées, les maisons de région, les bureaux territoriaux, les Centres de ressources, d’expertise et de performance sportives (CREPS)…

 

Publié le 04/01/2018 (site « Le Grand Soir »)

Quand Anne-Sophie Lapix voit nos salaires s’envoler

Philippe ARNAUD

Le journal télévisé de 20 h de France 2 de ce jour annonce en entrée, comme deuxième sujet, après la tempête : "Votre salaire va augmenter ; vous le découvrirez à la fin du mois, c’est l’effet de la baisse des cotisations chômage et maladie. Nous verrons qui en bénéficiera le plus".

Le sujet

Anne-Sophie Lapix : "Dans quelques semaines, les employés recevront leur tout premier bulletin de salaire de l’année 2018 et une bonne surprise les attend : une petite hausse du chiffre du bas. Elle est due à la baisse des cotisations-chômage et maladie, atténuée malgré tout par la hausse de la CSG. Reportage dans une entreprise de Laurent Desbonnet et Olivier Gardette."

Le reportage

"L’heure des calculs dans cette entreprise pour établir les prochaines fiches de paye. Car ce mois-ci plusieurs lignes vont bouger. La CSG, d’abord, va augmenter : plus 1,7 point. Une hausse qui sera plus que compensée par des baisses de cotisations : moins 0,75 points pour la maladie et pour l’assurance-chômage moins 1,45 point. Résultat : une augmentation du salaire net. Un changement simple et rapide, selon le patron."

Le patron : "Pour nous, ça ne nous coûte rien. C’est quelque chose qui me semble très positif puisque encore une fois, ça donne du pouvoir d’achat aux salariés sans peser sur les entreprises."

Le journaliste : "Pour ce salarié, par exemple, payé 1275 euros nets, une augmentation d’environ 8 euros par mois. Dans cette agence de photo et vidéo, c’est donc une bonne nouvelle."

Un salarié : "C’est toujours bon à prendre, c’est toujours du pouvoir d’achat supplémentaire. Donc.. non, non, je suis pour..."

Le journaliste : "Et les cotisations baisseront à nouveau en octobre prochain".

Anne-Sophie Lapix : "Bonsoir Jean-Paul Chapel. Évidemment, on a envie de savoir combien la réforme peut nous faire gagner."

Jean-Paul Chapel : "Alors, effectivement, première étape en janvier. Pour un salarié au SMIC, le gain de pouvoir d’achat sera de 7,34 euros nets par mois grâce à la baisse de cotisations. Il bénéficiera par ailleurs de la revalorisation du SMIC en début d’année. Deuxième étape en octobre. Là, le salaire net va augmenter de 14,23 euros, 14 euros supplémentaires. Au total, la réforme représentera donc un gain de 21,57 euros pour un smicard. La baisse des cotisations est proportionnelle au salaire. Donc, pour un employé qui gagne deux fois le SMIC, c’est un peu plus de 2300 euros nets par mois, le gain en janvier sera de 14,86 euros. En octobre, il verra son salaire net augmenter encore : 28,47 euros.

Anne-Sophie Lapix : " Il y a quand même des Français qui vont perdre, dans la réforme ?"

Jean-Paul Chapel : "Oui, les très hauts revenus [sur l’écran : très hauts revenus, à partir de 32 000 euros par mois] perdent un petit peu puisque la baisse des cotisations est plafonnée mais les grands perdants sont les retraités. Hausse de la CSG sans baisse de cotisation. Alors pour une pension de 1400 euros, c’est la moyenne en France, la baisse sera de de 23,80 euros par mois pour une personne seule. Au-dessous de 1200 euros par mois, ils ne perdront rien. Quant aux fonctionnaires, ils ne perdront rien mais ils ne gagneront rien. La réforme sera neutre pour eux".

Remarque liminaire. Anne-Sophie Lapix utilise le terme "employé", qui désigne une catégorie de salariés exerçant plutôt un travail intellectuel que manuel (donc qui s’oppose au terme ouvrier), et non le terme de "salarié", qui désigne la très grande majorité des actifs français, quel que soit leur genre de travail, et qui représente un statut juridique. Ce glissement de termes, apparemment anodin, suggère deux choses : d’abord que, pour Anne-Sophie Lapix, les ouvriers ont disparu du paysage, et, d’autre part, que le statut s’efface devant le type d’activité exercé (ouvrier, employé du commerce, fonctionnaire). Ce qui ouvre la porte à toute une série d’activités... bien moins encadrées et protégées : auto-entrepreneur, prestataire payé à la tâche, chauffeurs "ubérisés", etc.

Remarque 1. Cette somme de 21,57 euros dont va "bénéficier" un smicard (et encore, en fin d’année) est à mettre en regard du cadeau fiscal que le gouvernement offre aux 1000 premiers contributeurs de l’ISF, soit 400 millions d’euros, c’est-à-dire 400 000 euros par foyer fiscal. Ce qui, par rapport à un SMIC brut (1498,47 euros), représente 22 ans et 3 mois de salaire. Si on calcule le "gain" d’un smicard sur un an, ce gain est de 258,84 euros. Emmanuel Macron fait donc un cadeau aux très riches qui représente plus de 1545 fois le cadeau fait aux pauvres...

Remarque 2. La somme de 21,57 euros, "généreusement" accordée par. Macron aux smicards représente 72 centimes d’euro par jour sur un mois de 30 jours, c’est-à-dire pas même le prix d’une baguette ! C’est ce qu’un clochard peut se payer, pour ne pas mourir de faim, quand il a collecté toutes les pièces jaunes de sa sébile. [Et, bien entendu, j’exclus la tranche de jambon...].

Remarque 3. Dire que les salariés vont y gagner est une double supercherie : d’abord parce que les cotisations (maladie, retraite, chômage, prestations familiales) sont aussi une partie intégrante du salaire. C’est du salaire socialisé, du salaire différé, que le salarié touche quand il est malade, quand il est licencié ou quand il prend sa retraite. On dit qu’on va augmenter les salariés alors qu’on ne fait que prendre de l’argent dans leur poche gauche pour le leur glisser dans leur poche droite. Même un enfant de CM1 le comprendrait... [Mais cette atteinte aux prestations sociales fait partie d’une opération idéologique de longue haleine qui vise à délégitimer toutes les prestations sociales comme étant des dépenses publiques "indues"].

Remarque 4. C’est aussi une supercherie car cela signifie que lorsque les salariés seront remboursés, ils seront moins pris en charge, moins bien remboursés et, quand ils seront au chômage, qu’ ils toucheront moins d’indemnités et moins longtemps. Ou, s’ils souscrivent à des assurances privées (ce qui est des buts à long terme de la manœuvre), qu’ils les paieront bien plus cher. Comme cela se pratique, par exemple, aux États-Unis...

Remarque 5. Jean-Paul Chapel prend comme référence le montant moyen de la retraite, ce qui, là aussi, est une supercherie. Alors que la véritable valeur référence est la médiane des pensions de retraite (50 % de retraités touchent plus et 50 % touchent moins). Or, en règle générale, la médiane est toujours plus basse que la retraite.

Remarque 6. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que les très hauts revenus vont perdre, il se moque du monde [et il s’en rend bien compte d’ailleurs, puisqu’il tempère par "un petit peu" et qu’il se garde de dire à combien est ce plafonnement]. En fait, les très hauts revenus ne perdent rien du tout, car, pour eux aussi, on baisse les cotisations ! Donc, eux aussi y gagnent... mais moins que ce qu’ils pourraient gagner. Lorsqu’on augmente tout le monde, et les riches encore plus que les autres, une diminution potentielle de cette augmentation ne peut pas être considérée comme une perte ! C’est une perte par rapport à un gain hypothétique, pas par rapport à un revenu réel.

Remarque 7. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que la réforme sera neutre pour les fonctionnaires, il suscite indirectement une jalousie latente envers les fonctionnaires (d’ailleurs bien entretenue par la presse de droite), car l’opinion majoritaire va moins retenir l’idée que les fonctionnaires ne gagneront rien que celle qu’ils ne perdront rien (par rapport au très grand nombre de ceux qui perdront quelque chose), notamment les retraités à 1400 euros, somme qui n’est tout de même pas une fortune...

Remarque 8. Présenter ces "augmentations" comme des gains est une malhonnêteté lorsqu’on fait la liste de tout ce qui va augmenter en début d’année : le prix du gaz (pour se chauffer, se laver, laver les vêtements et la vaisselle et faire la cuisine), le prix des carburants, notamment du diesel, pour garnir les réservoirs des pauvres qui habitent loin des villes. Le prix du contrôle technique des voitures, le prix des amendes de stationnement irrégulier, le prix des parcmètres, et toutes les taxes indirectes (lesquelles sont des taxes sur les pauvres) qui vont dévorer - et bien au-delà - les gains "mirifiques" présentés par les journalistes lors de ce sujet en trompe-l’œil...

Philippe Arnaud

 

Publié le 16/12/2017

Les politiques néolibérales ont fait exploser les inégalités

Cinq chercheurs, réunis autour de Thomas Piketty, ont compilé les données mondiales sur les inégalités et livrent un constat qui dément la théorie du « premier de cordée », chère à Emmanuel Macron.

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C’est un travail colossal, qui a mobilisé une centaine de chercheurs à travers le monde, et combiné les données disponibles dans 180 pays. Le « rapport sur les inégalités mondiales 2018 », coordonné par cinq chercheurs réunis autour de Thomas Piketty et publié ce jeudi, tente d’apporter une « information plus rigoureuse et transparente sur les revenus et les patrimoines ».

Premier constat, les inégalités de revenus ont augmenté dans presque toutes les régions du monde ces dernières décennies, mais à des rythmes différents. Elles ont ainsi explosé dans les anciens pays communistes ou « dirigistes » (Russie depuis 1990, puis Chine et Inde après 2000). Elles suivent une courbe plus douce en Europe, où les inégalités de revenu sont également les moins élevées : les 10 % des plus riches captent 37 % du revenu national, contre 61 % au Moyen-Orient, région la plus inégalitaire au monde.

Le rapport met à l’index les conséquences de quatre décennies de politiques néolibérales. Concernant les inégalités de patrimoine, la tendance à la baisse observable depuis un siècle s’est retournée au moment du tournant libéral impulsé depuis les États-Unis.

 

Capture du Rapport sur les inégalités mondiales 2018, laboratoire sur les inégalités mondiales, 2017

Cette inversion de la courbe est due, estime le groupe d’experts, à « l’accroissement des inégalités de revenu et les transferts considérables de patrimoine public au secteur privé ».

Pour un impôt progressif

Preuve supplémentaire de l’impact des doctrines économiques, l’Europe de l’Ouest et les États-Unis, qui affichaient des niveaux d’inégalités de revenu comparables en 1980, se trouvent aujourd’hui « dans des situations radicalement différentes ». La courbe du revenu capté par les 1 % d’ultra-riches est édifiante. Elle s’envole aux États-Unis depuis trente-cinq ans (les 1% les plus riches possèdent un cinquième de la richesse nationale en 2015). Tandis qu’elle augmente faiblement en Europe, au dessus de 10 %.

Cela « s’explique en grande partie par une inégalité considérable en matière d’éducation, associée à une fiscalité de moins en moins progressive », analysent les chercheurs. Remèdes fiscaux néolibéraux, qui ont été appliqués en Europe avec moins de force.

Cette réalité tend également à se durcir, car la croissance profite prioritairement aux plus riches. Le gâteau du revenu mondial a grossi depuis 1980, mais les 1 % des plus riches ont capté à eux seul 27 % des richesses nouvelles, quand les 50 % les plus pauvres se partageaient 12 % du pactole.

Pour empêcher cette fuite en avant, les chercheurs défendent un principe simple : l’impôt progressif. Il a le double mérite de rééquilibrer les richesses, d’une part, et de calmer les ardeurs des plus grosses fortunes : « La progressivité des taux […] décourage les hauts revenus de s’approprier une part toujours plus importante de la croissance en négociant des rémunérations excessives et en concentrant les patrimoines. »

Autrement dit, le parfait contre-pied des politiques conduites actuellement par Donald Trump et Emmanuel Macron, en faveur des plus riches. Les deux Présidents ont fortement baissé l’impôt sur les sociétés et allégé les taxes sur les plus riches (quasi suppression de l’impôt sur les successions aux États-Unis, suppression partielle de l’impôt sur la fortune en France), comme l’a récemment relevé Thomas Piketty sur son blog.

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NB : L’étude se fonde sur une combinaison des données disponibles sur les revenus et patrimoines totaux estimés dans les comptabilités nationales ; les enquêtes déclaratives sur le revenu et le patrimoine des ménages ; les données fiscales issues de l’impôt sur le revenu ; données fiscales et administratives sur les successions et les patrimoines et classements des grandes fortunes. Données consultables sur wir2018.wid.world.


 

par Erwan Manac'h
publié le 14 décembre 2017

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