PROCHAINE REUNION DE L'ASSEMBLEE CITOYENNE LE VENDREDI 26 JANVIER 2018 A FABREGUES A 19 HEURES
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Publié le 11/11/2018

FI entre officiellement en campagne avec ses nouveaux alliés

Julia Hamlaoui (site l’humanité.fr)

 

Les anciens de l’aile gauche socialiste ont officialisé ce mardi leur ralliement à la France insoumise pour les élections européennes de mai prochain.

Cette fois c’est pour de bon. Après, le parti des anciens de l’aile gauche du PS Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, a tenu une conférence de presse commune ce mardi avec la France insoumise pour annoncer officiellement leur entrée dans une campagne commune en vue des européennes de mai prochain.

 

Déjà il y a 2 semaines, le leader de la FI et le fondateur d’Après avaient réuni la presse au parlement européen avec le même objectif. «L’idée est qu’on présente ensemble (avec les anciens de l’aile gauche du PS - NDLR) une liste aux élections européennes » mais cette « construction commune » se fera «dans le cadre du label France insoumise», avait alors déclaré Jean-Luc Mélenchon. « C'est une hypothèse envisagée et envisageable »,  temporisait pour sa part Emmanuel Maurel.

 

Plus de précaution verbale ce mardi. Après une ultime réunion en matinée, la campagne électorale autour d’une liste commune est désormais lancée. « Plus que la déploration sur une gauche qui serait en morceau ce que nous essayons de construire c’est une culture de l’action », s’est enthousiasmé Emmanuel Maurel soulignant les « convergences » de sa formation avec les vues de la France insoumise notamment en matière de stratégie européenne. « S’il y a une question sur laquelle nous avons un total accord, c’est celle-là » a répondu le député européen interrogé sur la stratégie plan A/plan B de FI. Après et le MRC participeront aux prochaines initiatives de campagne de FI : le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Pau ce jeudi où l’insoumis partagera la tribune avec Emmanuel Maurel ; le lancement des comités d’appui à la liste insoumise pour les européennes le 14 novembre prochain ; ou encore des rassemblements citoyens les 24 et 25 novembre contre la privatisation des barrages hydro-électriques (« une des préconisations de la commission européenne », souligne Maurel pour faire le lien avec l’élection).

 

Mais leur alliance n’a pas vocation à prendre fin au lendemain du scrutin européen, l’élection présidentielle est déjà dans le viseur de ses initiateurs. « La liste européenne n’est qu’une première étape », a souligné l’ancien socialiste évoquant « la bataille centrale de 2022 » et une volonté commune d’ « accéder aux responsabilités » à cette occasion.

Publié le 26/07/2018

Européennes La France insoumise valide ses listes

Mathilde Picard (site l’humanité.fr)

Les résultats de la consultation des adhérents du mouvement sur les listes pour les élections de mai 2019 ont été rendus publics samedi. Les votants les ont approuvés.

La France insoumise a voté pour déterminer les candidats qu’elle présentera aux élections européennes de mai 2019. Dans son rapport du 30 juin, le comité électoral du parti a fixé la liste paritaire des 66 candidats retenus, après avoir reçu 637 candidatures. Une consultation a ensuite été ouverte du 4 au 20 juillet pour que les militants insoumis approuvent ou refusent le rapport. Sur le papier, c’est sans appel : le 21 juillet, 86,97 % des votants ont approuvé le rapport, contre 13,03 % qui le contestent. Mais ce fort taux d’adhésion est contredit par une abstention élevée (95 %).

 

Dès les résultats connus, le conseiller régional d’Occitanie Liêm Hoang-Ngoc, « socialiste insoumis », relève que, sur 580 000 militants revendiqués, seuls 33 000 ont voté. L’économiste voit là « un désaveu massif et puissant qui a été exprimé par les militants pour la composition de la liste européenne contestée », et ajoute, dans un communiqué publié sur son compte Facebook : « La direction du mouvement doit entendre la clarté de ce message et revoir sa copie d’urgence. » Il avait suspendu sa candidature FI aux élections européennes du fait de « sa mise à l’écart », ne figurant qu’en huitième position. Olivier Spinelli, ancien candidat FI aux élections législatives dans la 5e circonscription de la Somme, dénonce quant à lui un mode de scrutin qui manque de transparence, notamment à cause du mode de dépouillement numérique. Il mentionne, dans une lettre publiée par Liêm Hoang-Ngoc, un « scrutin dépouillé numériquement par on ne sait qui ni comment, aucune indication sur ces données élémentaires n’étant mentionnée sur la plateforme ». Il souligne que les militants ont voté pour une liste à laquelle il manque plus de dix noms, et que le vote blanc n’était pas autorisé, alors que la France insoumise revendique sa reconnaissance.

 

Le comité électoral a pourtant tenté de répondre à ces critiques dans son rapport du 30 juin. Il met notamment en avant « une méthode d’élaboration de la liste totalement innovante, en rupture avec les mécanismes des organisations politiques traditionnelles ». Celle-ci consistait à préparer une liste de 70 candidats, puis à écouter les remarques des militants insoumis à son propos, avant de fixer des listes ordonnées : 848 contributions des insoumis et insoumises ont été prises en compte pour faire de cette élaboration un processus « très exigeant », estime la FI, « loin d’être dans l’entre-soi ». Le rapport rappelle également que les 13 noms encore absents de la liste des candidats sont réservés à des candidatures ouvertes qui seront étudiées par le comité électoral.

 

Une représentation  de « la diversité sociale et des luttes de notre pays»

 

D’après le rapport, les candidats ont été choisis en vue de représenter « la diversité sociale et des luttes de notre pays au travers de leurs engagements associatifs, syndicaux ou politiques ». Apparaissent en tête des proches de Jean-Luc Mélenchon comme Charlotte Girard, responsable du programme de la FI, son coordinateur Manuel Bompard, Benoît Schneckenburger, philosophe-garde du corps de Mélenchon, Leïla Chaibi, militante associative et secrétaire nationale du Parti de gauche (PG), Gabriel Amard, également issu du PG, Younous Omarjee (seul député européen FI, il remet son mandat en jeu), ou Farida Amrani, ex-candidate aux législatives battue par Manuel Valls. Quant aux « luttes », elles sont imagées par la présence d’Anne-Sophie Pelletier, salariée d’un Ehpad et syndicaliste, Bernard Borgialli, un des leaders de la grève des cheminots à Marseille, ou la militante associative (ex-NPA) Laurence Lyonnais. 

 

 

Mathilde Picard

Publié le 18/07/2018

Jadot désigné tête de liste d'EELV pour les européennes

 Par Agence Reuters (site mediapart.fr)

Les militants Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont désigné le député européen Yannick Jadot comme tête de liste pour les élections européennes de mai 2019, a-t-on appris lundi auprès du parti.

 PARIS (Reuters) - Les militants Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont désigné le député européen Yannick Jadot comme tête de liste pour les élections européennes de mai 2019, a-t-on appris lundi auprès du parti.

Gagnant avec 58,7% des voix, il était opposé à l'eurodéputée Michèle Rivasi (35,6%), désormais deuxième sur la liste qui comporte 16 noms au total.

La liste EELV "sera ouverte à tous les acteurs et actrices de l'écologie de la société civile et aux mouvements politiques s’affirmant écologistes, régionalistes, afin d’essayer de composer une liste de rassemblement, pour refonder une Europe écologiste, solidaire et fédérale", peut-on lire dans un communiqué.

Yannick Jadot et Michèle Rivasi s'étaient déjà affrontés au deuxième tour de la primaire EELV de novembre 2016 pour l'élection présidentielle du printemps suivant.

Le vainqueur, Yannick Jadot, s'était désisté en faveur de Benoît Hamon, candidat socialiste dans la course à l'Elysée. Battu au premier tour, ce dernier a ensuite quitté le PS pour créer son propre mouvement, Génération.s.

Un éventuel rapprochement entre EELV et Génération.s en vue des élections européennes sera au menu des Journées d'été d'EELV prévues à Strasbourg du 23 au 25 août.

 

Publié le 09/07/2018

Le Parti de gauche quitte le Parti de la gauche européenne

Site politis.fr

Réunis en congrès ce week-end, le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon ne veut plus appartenir au même parti européen qu’Alexis Tsipras, devenu le représentant de la ligne austéritaire en Grèce.

Au dernier jour de leur congrès, les délégués du Parti de gauche (PG) ont acté leur sortie du Parti de la gauche européenne (PGE) dans une déclaration approuvée dimanche par 208 voix contre 2 et 3 abstentions. Moins connu que le Parti populaire européen (PPE) ou le Parti socialiste européen (PSE), le PGE (ou European Left) est, au même titre qu’eux, un parti politique européen. Créé en 2003, il regroupe une trentaine de partis communistes, « rouge-vert », socialistes ou démocratiques de gauche, de 17 États membres de l’Union européenne et 4 pays hors de celle-ci. Le PG, apparu fin 2008, avait rejoint formellement le PGE en décembre 2010 à son troisième congrès, date à laquelle le communiste Pierre Laurent en avait pris la présidence.

À lire > Les gauches antilibérales se fédèrent

À l’issue du congrès suivant, fin 2013, le PG avait temporairement suspendu sa participation au PGE pour protester contre la reconduction à la tête de ce parti européen de Pierre Laurent, alors que ce dernier faisait campagne « derrière le PS » aux municipales à Paris. Avant de le réintégrer pour la campagne européenne de 2014 dont le candidat du PGE à la présidence de la Commission européenne était… Alexis Tsipras.

La déclaration adopté dimanche rappelle que « le PG a interpellé l’exécutif du PGE sur le maintien de Syriza au sein du PGE ». Sans succès. Le PG a donc pris acte du refus de sa demande et prends acte du refus de sa demande et acté sa sortie du PGE, considérant que « la période appelle plus que jamais à la clarification face à la politique austéritaire de l’UE » et que « toute application de cette politique par un parti membre du PGE déconsidère toute prise de position anti austéritaire des autres partis membres » tout en permettant « à l’extrême droite d’apparaître comme la seule issue au "système" ».

Illustrant lui-même l’ambiguïté qui lui est reprochée, le Premier ministre grec et leader de Syriza a fait part le 28 juin, dans un tweet, de sa participation à Bruxelles à la rencontre des leaders du Parti socialiste européen (PSE) préparatoire au Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. Une réunion à laquelle participait également Olivier Faure, premier secrétaire du PS français, ainsi que Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Fiscalité et Douanes, et à ce titre un des bourreaux de la Grèce.

Un divorce devenu inéluctable

« À un an des élections européennes, il n’est plus possible de mêler dans le même parti européen des adversaires et des artisans de l’austérité », estime le PG dans sa déclaration. « Syriza est devenu le représentant de la ligne austéritaire en Grèce au point d’avoir attaqué le droit de grève, fait baisser drastiquement les pensions de retraite, privatisé des secteurs entiers de l’économie ; toutes mesures contre lesquelles nos partis se battent dans chacun de nos pays. »

La décision du PG de quitter le PGE était devenue inéluctable depuis le lancement par Jean-Luc Mélenchon et ses amis, à l’automne 2015, des sommets du plan B auxquels les partis communistes membres du PGE, à commencer par le PCF, n’ont jamais accepté de participer. Les contacts noués lors de ces sommets ont permis à la France insoumise, au sein de laquelle le PG est totalement engagé, de nouer des alliances avec d’autres partis européens autour d’une plateforme commune, « Maintenant le peuple ! ».

Constitué autour de la France insoumise, de Podemos (Espagne) et du Bloco de Izquierda (Portugal) sur la base de la sortie des traités européens, ce groupe, qui ambitionne de constituer un groupe l’an prochain au Parlement européen, a été rejoint le 27 juin par l’Alliance rouge-verte (Danemark), le Parti de gauche (Suède) et l’Alliance de gauche (Finlande). Ce lundi, alors que le PCF a invité les représentants de la gauche à se réunir en vue de la construction d'une liste aux élections européennes « la plus large possible », Jean-Luc Mélenchon tient une réunion publique à Madrid avec le leader de Podemos, Pablo Iglesias.


 

par Michel Soudais

Publié le 08/07/2018

Jean-Luc Mélenchon: «L’Europe est engagée dans une catastrophe»

 Par Lénaïg Bredoux et Pauline Graulle (site médiapart.fr)

À un an des élections européennes, et alors qu’il s’est lancé dans une tournée pour rencontrer des représentants de la gauche européenne et internationale, le leader de La France insoumise revient pour Mediapart sur sa stratégie. Il entend constituer une force mondialisée qui pourrait rivaliser avec le néolibéralisme.

Jean-Luc Mélenchon veut multiplier les alliances. Ce lundi 2 juillet, le leader de La France insoumise se rendait à Madrid pour une conférence, puis un meeting commun avec son homologue de Podemos, Pablo Iglesias. La semaine dernière (le 27 juin), il retrouvait au Parlement européen, à Bruxelles, des responsables de partis de gauche finlandais, suédois et danois afin d’élargir le mouvement « Et maintenant le peuple », créé le 12 avril avec Catarina Martins, responsable du « Bloco » portugais, et Pablo Iglesias.

Le 29 mai, toujours à Bruxelles, le député de Marseille allait célébrer le 13e anniversaire du « non » au référendum du Traité constitutionnel européen en compagnie de camarades italiens, allemands, portugais, espagnols ou grecs. Le 9 mai, il s’était envolé vers la Russie pour aller soutenir le leader du front de gauche russe, Sergueï Oudaltsov. En juillet, il devrait se rendre au Mexique, puis au Maghreb. À l’automne, il prendra la direction de l’Amérique du Nord où il rendra visite à Gabriel Nadeau-Dubois, l’ancien porte-parole étudiant devenu l’incarnation du renouvellement de la gauche québécoise…

À un an des élections européennes, le leader de La France insoumise affûte sa stratégie à l’international. Il l’a répété ce matin lors d’une conférence de presse qu’il a tenue en espagnol aux côtés de Pablo Iglesias, son partenaire européen le plus proche : la stratégie d’alliance européenne est la première pierre d’une alliance mondialisée. À terme, il espère voir naître un « club », lieu d’échanges où pourraient se retrouver les représentants de l’alternative au néolibéralisme.

En fin de semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon nous recevait dans son bureau de l’Assemblée nationale pour faire le point sur les évolutions de la politique en Europe et à l’international. Il est revenu longuement sur sa stratégie de co-construction d’une force mondialisée pour tenir tête à un libéralisme qu’il juge mortifère, mais aussi sur ses positions concernant les migrants bloqués en Méditerranée ou les élections au Mexique où, pour la première fois, la gauche l’a emporté dimanche.

Jean-Luc Mélenchon et Charlotte Girard, pressentie pour conduire la liste de La France insoumise aux européennes de 2019, le 21 novembre 2017. © REUTERS/Philippe Wojazer

À un an des européennes, vous venez d’élargir votre coalition avec le Bloco portugais et les Espagnols de Podemos à de nouveaux partis de l’Europe du Nord (l’Alliance rouge-verte au Danemark, le Parti de gauche suédois et l’Alliance de gauche en Finlande). Quel est le sens politique de cette initiative ?

Jean-Luc Mélenchon : Elle est indispensable pour l’Histoire. Nous sommes dans une phase où la politique libérale a produit un monstre : en Europe, l’essentiel de la réplique à la politique néolibérale se fait aujourd’hui du côté de l’extrême droite, contrairement à l’Amérique latine où le souffle du volcan est allé de notre côté. En Europe, aujourd’hui, la vermine est partout. En France même, madame Le Pen a fait 10 millions de voix à la présidentielle, et elle a encore progressé entre les deux tours… Les Républicains et, sur certains points, Macron lui courent derrière.

Et l’Italie a un gouvernement d’extrême droite, comme la Hongrie ou l’Autriche…

Et la Pologne ! Le problème, c’est que l’émergence de l’extrême droite est directement liée à la politique socialement destructrice des libéraux et au machiavélisme des eurolâtres avec leur chantage permanent : « C’est nous ou l’extrême droite. » Sans compter l’absence d’une alternative politique humaniste crédible dans tous les pays. C’est pourquoi je milite pour ce « nouvel humanisme » – c’est-à-dire, pour le dire vite, la vocation des êtres humains à s’intégrer harmonieusement dans la société par l’égalité, et avec la nature et les animaux par l’écologie. C’est cet intérêt général humain qu’il faut opposer aux racistes et aux productivistes. La gauche, en France, s’est suicidée. C’est à nous [La France insoumise – ndlr] d’avancer, nous n’avons pas le choix, c’est notre responsabilité historique : il faut qu’existe coûte que coûte ce pôle humaniste en Europe. Et tout est à faire. Quand je pense à l’Italie, je me souviens de l’imagination, de l’inventivité, de l’enracinement du parti communiste italien. Tout cela a été détruit de manière sidérante. Il faut donc qu’on reprenne pied à toute vitesse, là, et dans nombre de pays. D’où cette coalition à l’échelle européenne qui amorce un point de rassemblement nouveau dans le paysage.

Comment voulez-vous mener cette « bataille culturelle », alors que c’est bien l’extrême droite qui a le vent en poupe ?

Certes, nous avançons dans des conditions effroyables. Notre adversaire n’est pas seulement idéologique, mais anthropologique, sociologique. Partout, le libéralisme a diffusé le venin de la fin des solidarités, de la compétition de chacun contre tous, l’accoutumance à la précarité et à la souffrance du vivant… Il faut donc affronter ce monde comme un tout, car il sape les fondamentaux de ce que nous sommes et de la civilisation humaine menacée de disparition. Depuis le début, je sais qu’il s’agit là d’un défi tragique. L’Europe est engagée dans une catastrophe de première grandeur et rien ne semble pouvoir l’empêcher. Le nouvel humanisme a donc besoin de gagner rapidement dans au moins un pays. Le nôtre allumerait un brasier mondial. Mais il faut entreprendre cette bataille, tout en sachant que la société qui nous intéresse, les fameux « 99 % », n’est pas une masse homogène.

Que voulez-vous dire ?

Nous devons bien sûr mobiliser les classes populaires, mais ne pas oublier ou repousser les classes moyennes supérieures « sachantes ». Or celles-ci ont horreur des décibels, alors que le cœur de notre stratégie, c’est la conflictualité, car sans conflictualité, pas de conscience. Il faut pourtant aller les chercher, ces « petits bourgeois gentilshommes », faire le pari de leur intelligence et de leur culture. Nous avons besoin d’eux, les ingénieurs, les architectes, les professeurs. Ils sont centraux pour porter l’avenir et notamment la transition écologique.

Notre combat a pris un sale coup il y a trois ans. Je me souviens très bien quelle fête on avait faite, parce que les Grecs venaient de voter « non » au référendum [sur l’acceptation ou non du plan d’austérité proposé par la Troïka – ndlr]. Pour nous, le scénario latino était en marche : la chaîne avait enfin craqué en Europe, un peuple éduqué par cinq mois de bataille politique au pouvoir avait résisté. C’était l’apothéose. Huit jours plus tard, avec l’annonce par Alexis Tsipras [le premier ministre grec – ndlr] qu’il signait quand même l’accord avec l’Union européenne, notre plan international s’est effondré, tué de l’intérieur. La décision de Tsipras nous a pris à revers, elle nous a cloués. On s’est entendu dire : « Ce que fait Tsipras montre que vous ne savez que faire les malins, car quand vous arrivez au pouvoir, vous pliez. »

Trois ans plus tard, Alexis Tsipras est toujours au pouvoir et il vous reproche de vous cantonner à une « posture révolutionnaire ». Nul autre pays européen n’a vu la gauche triompher aux élections. Qu’est-ce qui vous fait croire que votre stratégie européenne va fonctionner, cette fois ?

Tsipras ne gouverne pas. Il exécute le plan de la Troïka. Son pays est ruiné, la dette est plus importante qu’au départ, les libertés ont reculé. Ses reproches sont donc des aigreurs. On se passe de lui. Notre score de quasi 20 % à l’élection présidentielle a été un coup de tonnerre. L’expérience du mouvement de La France insoumise est désormais un modèle, comme le confirme l’interview de Sahra Wagenknecht dans vos colonnes. Une nouvelle séquence politique commence.

Il y avait eu Podemos, avant La France insoumise !

Bien sûr ! Ce fut un modèle de bien des façons. Podemos a essuyé les plâtres de ce deuxième temps « mouvementiste » de la gauche radicale, comme on nous appelle parfois – mais je n’aime pas ce mot. Notre campagne présidentielle a permis d’aller encore plus loin sur les plans théorique et pratique. On nous observe du monde entier. On est loin du temps où nous étions considérés comme les intransigeants, réunis autour d’un type un peu bizarre, qui ne veut parler avec personne – bref, toutes ces salades que l’on entend encore en France et qui se propageaient ailleurs. Nous avons fait la preuve que nous pouvions dépasser les sociaux-démocrates, dans la proportion de un à trois, ce qui était une première en Europe, la Grèce mise à part. Et ce résultat nous a rendus suffisamment forts pour construire un dialogue fécond avec Podemos et le Bloco.

Mais n’est-il pas obsolète ? Votre plan B, soit la possibilité de sortir de l’Union européenne en cas de désaccord, était une réponse politique à la crise grecque et à l’absence d’espoir dans une partie de la gauche…

Il est vrai que depuis la création du Forum du Plan B, il y a eu de nombreux changements : la social-démocratie a été battue en France ; le cœur de la social-démocratie européenne, le SPD allemand, est en train de s’effondrer après avoir choisi de rebâtir une coalition avec Angela Merkel ; en Europe du Nord, la social-démocratie est malade de son incapacité à avoir un partenaire patronal indépendant de la finance mondiale et de la pression allemande.

Parallèlement, la construction européenne est entrée dans une impasse irréversible : d’abord, parce que tout reposait jusqu’ici sur le fait que la France et l’Allemagne étaient interdépendantes. Aujourd’hui, la moitié du commerce extérieur de l’Allemagne se fait avec la Chine. Quant à Emmanuel Macron, il a échoué à apporter la moindre réponse à la crise européenne. Dix pays d’Europe du Nord et de l’Est se sont ligués contre ses propositions. Il n’a aucune autorité vis-à-vis de l’Europe de l’Est. Sa reprise des idées du PS sur le budget et le Parlement de la zone euro sont mortes dans les mains d’Angela Merkel. Glyphosates, travailleurs détachés, pacte social européen… il a tout raté !
Enfin, nous assistons à l’effondrement moral de l’Union européenne : la question de la migration. Après avoir laissé se développer une guerre économique entre les pays au sein même de l’UE, après avoir choisi de devenir une Europe de la défense et donc de la guerre, l’Europe finit par laisser mourir les gens en Méditerranée, qui sont aussi les réfugiés de ses guerres et de sa politique économique. Cet effondrement moral est au moins aussi important que la dislocation économique et l’écroulement de l’idée d’une Europe de la paix.

« Notre avenir est en Méditerranée »

Justement, sur la question migratoire, au moment de la crise de l’Aquarius, vous avez signé un communiqué des députés de La France insoumise et dénoncé la position de la France. Mais vous n’avez fait aucun commentaire sur votre blog, où vous développez l’actualité politique que vous jugez saillante. Pourquoi ce choix de ne pas entrer dans le débat ?

Je vous renvoie à la minute de silence de mon meeting de Marseille [pendant la campagne présidentielle de 2017 – ndlr], à nos interventions sur la loi asile immigration, à nos visites dans les camps de rétention, à notre soutien sans faille à ceux qui se sont engagés dans le combat, à mes passages dans les médias et à ma revue de la semaine, publiée avant-hier sur le sujet. Entrer dans ce débat, oui, mais s’y laisser enfermer par la droite et l’extrême droite, non. C’est la droite et l’extrême droite qui veulent faire de cette question l’alpha et l’oméga du débat politique. Que voulez-vous dire de plus, à part qu’il faut tout faire pour que les gens ne partent pas de chez eux et que, quand ils sont là, il faut les accueillir et s’en occuper dignement ? Je le répète depuis trois ans. Les mises en demeure d’en rajouter sont totalement contre-productives.

Que signifie pour vous « s’en occuper » ? Êtes-vous par exemple pour des régularisations massives ?

Il y a beaucoup de personnes à régulariser. Notamment les salariés sans papiers. Et ceux qui relèvent du droit d’asile. Et les réfugiés économiques des guerres et des politiques commerciales de l’Union européenne. Mais je veux dire tout aussi clairement que je n’ai jamais été pour la liberté d’installation, une idée qui ne vient pas de nos rangs dans l’Histoire. Ma position personnelle est assez traditionnelle dans notre famille idéologique. Jaurès a bien montré comment on utilisait la main-d’œuvre importée à bas prix contre les conquêtes sociales, et pourquoi il fallait garantir à tous les travailleurs les mêmes droits. De plus, on ne peut imaginer de « protectionnisme solidaire », comme le prévoit notre programme, sans frontières. Les frontières sont, dans mon esprit, des points d’appui pour notre projet. Je suis internationaliste et altermondialiste. Pas libre-échangiste et mondialiste.

Jean-Luc Mélenchon et le leader de Podemos, lundi 2 juillet, à Madrid. © Compte Twitter de Podemos.

Mais vous parlez de « responsabilité historique » face à « l’effondrement » de l’Europe. Pour vous, la question migratoire n’en fait pas partie ? N’êtes-vous pas « responsable » de mener la bataille culturelle sur ce sujet ?

Nous n’y avons jamais manqué ! Mais il ne faut pas se laisser entraîner là où l’extrême droite veut nous amener : c’est-à-dire nous faire dire que si l’on accepte un bateau, il faut accepter tout le monde. Il faut sortir du cadre imposé par l’extrême droite, pour que vienne l’heure de construire des ponts avec les pays de la Méditerranée. La vérité, c’est que nous sommes, nous Français, plus proches des Tunisiens, des Marocains ou des Algériens que des Lettons ou des Estoniens. Notre avenir est en Méditerranée et en francophonie. L’Europe allemande n’est pas notre destin.

Pour revenir à l’Europe : quelles sont les prochaines étapes de la construction de votre coalition ?

Deux discussions très approfondies sont en cours. Avec le PS hollandais d’un côté et le Sinn Féin en Irlande de l’autre. Ce sont des partis constitués, qui font plus de 10 % des voix aux élections. Nous avons également des contacts en Grèce avec le parti de Zoé Konstantopoúlou [ex-proche de Tsipras en rupture de ban – ndlr] et en Italie avec Potere al Popolo, Stefano Fassina [ancien ministre du gouvernement Letta, qui a quitté le Parti démocrate italien pour fonder Gauche italienne – ndlr] et sans doute le maire de Naples.

Discutez-vous avec le leader du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn ?

Nous avons des contacts. Mais avec Corbyn, je préfère « laisser retomber la poussière ». Je veux y voir clair. Le Labour est membre de l’Internationale socialiste… Et je ne comprends pas pourquoi les travaillistes ne parviennent pas à se positionner sur le Brexit.

À plus long terme, vous visez aussi la construction d’un « club mondial »… Quel regard portez-vous sur la victoire d’AMLO au Mexique, après une série de défaites de la gauche en Amérique du Sud et la dérive autoritaire de plusieurs pays comme le Venezuela et l’Équateur dont vous étiez proche ?

Il n’y a pas de dérive autoritaire au Venezuela, mais une lutte rendue explosive par les États-Unis et l’extrême droite locale. En Équateur, je désapprouve formellement la politique de coup de force judiciaire de la présidence. Je condamne aussi la dérive de la Colombie contre les accords de paix et la politique des assassinats ciblés. Je dénonce celle du Brésil contre la gauche et Lula aujourd’hui emprisonné. L’élection d’AMLO au Mexique, comme la présence, au second tour, de Petro en Colombie sont d’immenses nouvelles. Évidemment, la « gôche » sociale-démocrate a combattu partout contre nos candidats ! Et nous, le peuple, l’avons battue. On disait close la décennie démocratique et sociale, on voit que ce n’est pas vrai. Après AMLO, Lula sera élu au Brésil et Mauricio Macri chassé en Argentine. Nous sommes en train de reprendre la main.

Que pensez-vous du phénomène Sanders aux États-Unis ?

Il faut aussi regarder du côté de l’Amérique du Nord. Longtemps, je me suis désintéressé des États-Unis. Je ne les percevais que comme l’empire du mal ! C’était une erreur. Avec Bernie Sanders, nous devons nous voir en octobre ou novembre. Évidemment, des points doivent être éclaircis entretemps pour dissiper tous les malentendus – je veux notamment m’assurer qu’il a bien compris que je voulais que la France sorte de l’OTAN. Mais nous sommes raccord sur le reste, dans les grandes lignes. D’ici là, nous venons d’assister à une belle victoire à New York, avec la victoire surprise à la primaire démocrate d’une jeune femme, Alexandria Ocasio-Cortez, soutenue par Sanders, contre un baron du parti. Le dégagisme est une donnée mondiale. Il est la clef de compréhension des événements dans tous les pays que nous venons d’évoquer. Et le thème central des campagnes des nôtres. Pour moi, c’est le levier majeur de notre temps face à la crise écologique et sociale de la civilisation humaine.

Publié le 06/07/2018

Européennes. Liêm Hoang Ngoc suspend sa participation à la France insoumise

Julia Hamlaoui (site l’humanité.fr)

La liste FI pour les élections européennes doit être soumise à un vote interne jeudi mais les « socialistes insoumis », non contents des choix en cours, ont annoncé ce lundi la suspension de leur participation au mouvement.  

 

La liste France insoumise pour les européennes suscite de vifs débats au sein du mouvement. Si 70 noms ont été proposés début juin (9 places sont réservées à des « candidatures d’ouverture »), leur ordre de classement n’est pas encore public. Initialement programmé pour le 28 juin, le comité électoral de FI (composé de représentants de ses différents « espaces » et d’insoumis tirés au sort) a reporté la publication de cette liste ordonnée et l’ouverture du vote des insoumis à jeudi prochain. Et pour cause, des dissensions internes se font entendre sur les noms placés en position éligible. Ce lundi, les « socialistes insoumis » (ex Nouvelle Gauche Socialiste), l’une des composantes de « l’espace politique » de FI, ont « suspend(u) leur participation » au mouvement. « Nous constatons que la liste de candidats éligibles en voie d’être proposée écarte les candidats les plus compétents pour mener le très dur combat qui s’annonce sur le terrain spécifique et fondamental de la politique économique », écrivent-ils dans un communiqué regrettant l’absence de leur chef de file, Liêm Hoang Ngoc, en haut de la liste. Les soutiens de Sarah Soilihi ont eux envoyé une lettre au comité électoral pour que la championne de kickboxing figure également dans le top 10, selon le JDD. « Elle incarne parfaitement l’énergie et la combativité de la jeunesse et des plus précaires », arguent-ils.

Le journal dominical faisait aussi état d’une capture d’écran d’un mail interne comprenant les 10 premiers noms retenus et brièvement publiée sur les réseaux sociaux, suscitant des critiques notamment sur le nombre de membres du PG qui y figurent. « Cela n’a aucune réalité concrète car le travail du comité électoral continue », a balayé lundi, lors d’une conférence de presse, Manuel Bompard, coordinateur FI, défendant une liste composée en fonction de critères de « diversité sociale, politique et thématique ». « Le comité électoral n’a pas fait l’objet de tension, a-t-il ajouté. Au contraire, c’est un travail qui s’est fait dans une ambiance très cordiale et avec un grand sens des responsabilités.» Quant au cas de Liêm Hoang Noc, Manuel Bompard, qui refuse de dévoiler la liste avant jeudi, reconnaît qu’il « ne figure pas dans les premières places. Pour une raison simple : le comité électoral a jugé que les candidats qui avaient déjà un autre mandat – c’est son cas– ne devaient pas y figurer. C’est un critère garant d’une forme de renouvellement politique. On peut comprendre que cela ne lui convienne pas mais cette décision me paraît disproportionnée », commente-t-il.

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Publié le 06/07/2018

Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes

Julia Hamlaoui (site l’humanité.fr)

Le maire adjoint au logement à la ville de Paris, Ian Brossat a été désigné ce week-end chef de file du PCF pour les élections européennes de mai 2019. 

Face à une « offensive contre les droits sociaux conjointement menée par le gouvernement Macron et dans toute l’Europe », le Conseil national du Parti communiste a également lancé un appel pour « construire une liste de large rassemblement » porteuse des « attentes » et des « combats » de « la jeunesse » ou encore « des acteurs et actrices des mobilisations sociales en cours en métropole comme en Outre-mer ». 

Pour « porter cette démarche », l’élu parisien sera entouré d’une équipe comptant d’ores et déjà les députés européens sortants Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat, les sénateurs Eric Bocquet et Cécile Cukierman, le syndicaliste Gilbert Garrel, le maire de Grigny Philippe Rio, le président du groupe GDR de l’Assemblée nationale André Chassaigne, la responsable Europe du PCF Anne Sabourin, la secrétaire générale du Mouvement jeunes communistes Camille Lainé, et la militante féministe et antiraciste Mina Idir.

Si les candidatures seront soumises au vote de ses adhérents à l’automne,  la résolution adoptée ce week-end, réaffirme également la « disponibilité (du PCF) pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociale, écologique et politique ». Avec, à la clé, une invitation qui leur est adressée pour un premier rendez-vous le 2 juillet.

Après avoir validé « 14 engagements » de campagne en mars dernier - de la défense du service public à la lutte contre le dumping social  en passant par le combat pour l’égalité femme-homme ou l’environnement-,  la formation se propose  aussi de préparer des « Etats généraux du progrès social en Europe avec plusieurs milliers de participants et des invités de toute l’Europe », les 2 et 3 février 2019 à Paris.

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