PROCHAINE REUNION DE L'ASSEMBLEE CITOYENNE LE VENDREDI 26 JANVIER 2018 A FABREGUES A 19 HEURES
PROCHAINE REUNION DE L'ASSEMBLEE CITOYENNE LE VENDREDI 26 JANVIER 2018 A FABREGUES A 19 HEURES

Edito

 

Publié le 29/05/2020

Les hospitaliers montpelliérains présents au premier « mardi de la colère »

 

(site lepoing.net)

 

Cent cinquante soignants, rejoints par bon nombre de gilets jaunes, ont rendu à Montpellier un hommage à leurs collègues décédés ou contaminés ; en refusant de s’en tenir à des plaques et médailles.

Le mouvement social de l’après-confinement continue de se chercher. C’était au tour des personnels du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier de se mettre en mouvement ce mardi 26 mai. Sur le plan national, onze entités (syndicats et plateformes de luttes) appellent à quatre « mardis de la colère » d’ici le 16 juin prochain, tandis que se déroule la Grand’messe du Ségur de la santé, orchestré par le gouvernement. Mais sur le plan local, la CGT se retrouvait seule à appeler à l’action pour imposer « l’hôpital public d’après, qui ne ressemble pas à celui d’avant ».

Le CHU montpelliérain emploie onze mille salarié·e·s. Entre cent et cent cinquante s’étaient regroupés ce mardi, vêtu·e·s de leurs blouses blanches. Il est vrai que cet établissement n’a pas compté parmi les plus secoués par la crise du covid. Par ailleurs, les errements d’une section Force ouvrière toute puissante, au gré des méandres les plus obscurs de l’histoire de ce CHU, n’ont rien eu pour y redorer le blason du syndicalisme. Cela posé, il semble bien que les lendemains du covid ont encore énormément à inventer et construire en matière de luttes.

Au moins ce rassemblement a-t-il été totalement épargné par la hargne répressive. Aucun képi en vue. Aux soignant·e·s mobilisé·e·s s’était joints une bonne centaine d’usagers de la santé, venus dire leur soutien à l’action en cours. De fait, il y avait là essentiellement des gilets jaunes, dans toutes leurs nuances montpelliéraines (de Prés d’Arènes au Peyrou, pour le dire vite).

Avant d’entonner leur chant « pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ! », qui sonnait particulièrement clair en ces circonstances, ils ont écouté l’allocution du syndicaliste Rémy Ruiz, qui avait l’avantage d’être donnée sur un ton personnel, autrement qu’une simple lecture de déclaration officielle. Le mode d’action était assez délicat : soit un rassemblement devant le monument aux personnels de l’établissement morts dans les guerres et en déportation. Cela en hommage aux collègues d’aujourd’hui, décédé·e·s ou contaminé·e·s par le covid.

On risquait donc de s’enferrer dans les rhétoriques guerrières et postures héroïques, qu’a tant voulu flatter le pouvoir en place, jusqu’à déboucher sur une distribution de médailles. Il revenait à l’orateur de renverser tous ces motifs : « Nous n’avons pas vécu une guerre, mais une crise sanitaire », dont les conséquences désastreuses « découlent de choix qui ont été effectués ». Les soignants « ne sont pas une soldatesque du soin », ils « exercent un métier de l’attention à l’autre », dans un service public de l’hôpital « où le soin doit être apporté à tous, sans conditions. Tous protégés, soignants, soignés, sans aucune autre considération ». Ce métier doit « uniquement se concentrer sur la mission de soigner », et le faire « sans subir la dictature des tableurs Excel ».

C’est une certaine philosophie du « bien commun » qui a ainsi été développée. « Nos mains ont touché la vie, la maladie, la douleur et la mort. C’est à nos mains qu’il faut confier le soin de bâtir l’hôpital de demain ». Non à celles qui n’ont jamais manié que des stylos et des claviers dans les bureaux. « Des soignants sont morts du fait du déni de l’expérience de l’autre, du fait de politiques qui les ont rendus moins nombreux, exposés plus longtemps, plus souvent, à un plus grand nombre de patients, au gré de plannings perturbés. Tout cela affaiblissant les immunités, celle du soignant, celle du patient ».

Comment pardonner d’avoir dû en venir à « classer les patients en fonction de taux de chance de guérison estimée, et renoncer à donner à tous l’intégralité de ses chances de guérir » ?Il y aurait pas mal à méditer sur la référence manuelle qui traverse ce discours. Ici elle renvoie au toucher attentif comme au soin expert. Et main pour main, les très longs applaudissements finaux, nourris, spontanés et chaleureux, résonnaient très différemment de ceux que trop souvent on n’entend qu’aux balcons.

Suite à quoi, en aparté, Rémy Ruiz racontait que son planning de travail le faisait régulièrement rentrer chez lui sur les coups de 20 heures : « Oui, ces applaudissements étaient une chose extraordinaire à entendre, quand on rentre d’une journée de travail. À présent, ils doivent signifier tout autre chose ». Reste à espérer, et surtout à faire que mardi prochain cela passe par une montée en intensité de la mobilisation.

Publié le 28/05/2020

Le « monde de demain »

 

Jean Ortiz (site humanite.fr)

 

Le « monde de demain » : j’en rêve depuis un demi-siècle !! Enfin, la « décongestion », le « déconfinement » des utopies du bonheur ! L’inversion des rôles, des places, des valeurs...

Les bouseux désormais cravatés, et dé-confinés, un « coco » ministre du sommeil, le SMIC à dix mille euros pour les modestes, et les footeux qui perdent la boule à « Pôle emploi »... Viens, cocote, viens t’empiler! Avec nous à « Pôle emploi », la nouvelle classe ouvrière monte au paradis, la CGT gagne des millions en déployant son drapeau... Les bourges, contraints au chômage partiel et aux 25h ; à regarder la Liga au bistrot du coin. Les éborgneurs, enfin en prison, jugés sur la place publique.

Les politiques tiennent leurs promesses sans y être obligés, juste par éthique. La Bourse et le CAC 40 sont des termes qui ont disparu... La société s’en trouve enfin recentrée sur son humanité. L’évasion fiscale rapatriée renfloue les caisses publiques. Les communs ont cessé d’être un idéal, et les nationalisations refleurissent. Les transports publics et spacieux, désormais accessibles à tous. Le partage de la farine et des petits pains, du PQ... Une société débarrassée des fraudes, des inégalités en tout genre, de la cupidité et de la spéculation, aux dirigeants robespierristes...

Toutefois, en écoutant RMC, C News et autres perroquets consorts, je me suis rendu compte qu’il reste encore un peu de chemin à parcourir... Mais si nous le voulons, si savons répondre à la crise vertigineuse actuelle, cet autre monde est à portée de main. A crise structurelle, réponse structurelle.

 

Jean Ortiz

Publié le 27/05/2020

Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Espérance

Christophe Prudhomme (site humanite.fr)

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

 

Espérance est aide-soignante en Ehpad. Elle était en grève ce lundi (voir notre article - NDLR). Dans un groupe privé lucratif, ce n’est pas facile de se mobiliser. Mais depuis deux ans, avec la CGT, un syndicat a été créé et la solidarité du petit groupe lui a donné le courage de sortir devant l’établissement avec sa chasuble rouge pour demander le versement de la fameuse prime promise par le gouvernement mais qui, dans le privé, est laissée au bon vouloir des patrons. Elle préférerait une augmentation de salaire car, avec 1 400 euros, les fins de mois sont difficiles avec ses deux enfants. Alors une prime de 1 500 euros, ce sera un ballon d’oxygène.

Mais la liste des revendications est longue dans son établissement. D’abord, des effectifs supplémentaires. Car il n’est pas possible de faire la toilette d’un résident confiné au lit en 10 minutes. Et que les résidents qui ne peuvent se laver seuls n’aient droit qu’à deux douches par mois, cela la révolte. Il faudrait aussi une infirmière la nuit, car, quand un résident va mal, il faut appeler le Samu et il est difficile de donner tous les éléments utiles au médecin régulateur. Même si Espérance a de l’expérience, sa formation médicale est limitée.

Si Espérance se bat, c’est pour ne pas être oubliée. Le gouvernement a annoncé une revalorisation des salaires, mais surtout pour les infirmières. Mais une infirmière sans une aide-soignante ne peut pas prendre en charge seule un patient. Elles travaillent ensemble, forment une équipe. Et puis, on parle beaucoup des hôpitaux. Mais les Ehpad, ce sont 800 000 résidents, souvent très dépendants, dont il faut s’occuper tous les jours. Nous réclamons depuis plus de deux ans des embauches pour atteindre le ratio d’un personnel soignant par résident, c’est-à-dire ce qui existe dans plusieurs autres pays européens.

Alors oui, Espérance est pleine d’espoir ! C’est pour cela qu’elle lutte avec le syndicat, car elle aime son métier et ne veut pas l’abandonner comme un certain nombre de ses collègues qu’elle a vu partir ses dernières années, lassées par la dureté des conditions de travail et la faiblesse des salaires.

 

 Publié le 26/05/2020

Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. La vie reprend

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93 (site humanité)

 

De garde au Samu ce week-end, nous avons commencé la journée par un accouchement à domicile. Cela nous change après la période où chaque jour nous apportait son lot de malades atteints par le coronavirus dont l’état respiratoire se dégradait brutalement et qu’il fallait hospitaliser en réanimation. Depuis trois semaines, le nombre de nouveaux malades diminue et l’activité redevient presque normale. C’est bon signe, et de plus en plus de mes collègues ne croient pas à l’arrivée d’une deuxième vague. Mais il faut rester humble, car cette épidémie nous a réappris qu’en médecine, la vérité d’un jour peut être infirmée le lendemain. Nous avons donc maintenant un peu de temps pour souffler et préparer l’avenir. Oui, car tout un chacun dans nos services ne veut pas revenir au monde d’avant, et est prêt à se mobiliser pour que ce ne soit pas le cas. Nous avons montré que pour surmonter cette crise, les professionnels ont su se mobiliser et s’organiser sans que personne ne les y oblige. Nous avons repris confiance.

Confiance dans notre force collective, car c’est elle qui a permis de surmonter la période la plus difficile. Nous voulons maintenant travailler différemment et notre exigence est que le gouvernement nous en donne les moyens. Nous nous sentons forts aujourd’hui, car la crise liée au coronavirus a largement validé nos arguments et donne une forte légitimité à nos revendications. Puisque le gouvernement a annoncé un changement de sa politique pour l’hôpital, nous le prenons au mot pour exiger des réponses concrètes à nos demandes répétées inlassablement depuis un an. Et que je répète encore ici pour faire de la « pédagogie », comme nous le disent si souvent nos ministres : des embauches, des augmentations de salaires, la réouverture de lits, de services et d’hôpitaux.

 

Retrouvez son précédent billet, Nous voulons, et l'ensemble de ses chroniques.

Publié le 25/05/2020

EXIGEONS LA FIN DE LA PRÉCARITÉ ET UNE AUTRE RÉPARTITION DES RICHESSES ! 

 

(site UD CGT Hérault)

 

Communiqué intersyndical

CGT FSU SOLIDAIRES FIDL MNL UNEF

 

Exigeons la fin de la précarité et une autre répartition des richesses ! 

En effet, et nous l’avons déjà dénoncé, depuis plusieurs années, plus les dividendes versés aux actionnaires sont élevés, plus le taux de pauvreté augmente. D’un côté, pour 2019, on décompte plus de deux millions de travailleur-ses pauvres, neuf millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dont 21 % de jeunes. De l’autre, 49,2 milliards d’euros de dividendes versés, battant le record de 2007.

La crise du Covid-19 n’a pas épargné les plus modestes et les plus pauvres. Bien au contraire ! Et les inégalités se sont accrues sur tous les plans. Pour les travailleurs-es sous rémunéré-es, les précaires, les privé-es d’emploi, les jeunes et les travailleurs-es sans papiers ou non déclaré-es, la crise sanitaire a été une double peine.

D’ores et déjà nous savons qu’environ 20 % de la population a vu son revenu chuter durant la période. Pourtant, c’est bien aussi la France des « Flexibles », celle des moins bien rémunéré.es, des précaires, et des sans-papiers à laquelle le gouvernement a fait prendre le plus de risques. Et c’est aussi à la France « des métiers sous valorisés bien souvent les plus féminisés » que le gouvernement a fait prendre aussi le plus de risques : personnels du secteur de la santé et du service à domicile, du commerce, de l’entretien, de l’enfance, de l’éducation, du nettoiement, de la voirie…. Ces mêmes qui manifestaient quelques semaines avant contre les réformes de l’assurance chômage et des retraites. Ces mêmes qui ont pris des coups, frappés et meurtris lors de manifestations. Ces mêmes qui assurent des missions essentielles, des fonctions qui répondent bien souvent à des besoins sociaux et vitaux d’une importance incontestable. Ces mêmes qui vivent dans les quartiers populaires, dans les banlieues, dans les zones rurales pauvres et enclavées. 

Le gouvernement a débloqué une aide ponctuelle pour 4 millions de familles en grande précarité. 

Cette aide atteindra 150 € par ménage, plus un bonus de 100 € par enfant pour les allocataires du RSA et de l’ASS. Pour les familles bénéficiaires des aides au logement, elle s'élèvera à 100 € par enfant.

Ces aides sont largement insuffisantes, ne répondent pas aux besoins vitaux et urgents d’une grande partie de la population. Au regard des centaines de milliards débloquées pendant cette période par le gouvernement, il semble bien que l’injustice sociale n’a pas été abandonnée ou même atténuée dans les choix politiques. La grande partie des aides a été captée par les entreprises les plus riches et donc destinée au final à abonder encore un peu plus les poches des actionnaires.

Nos organisations demandent en urgence un plan massif de mesures et d’aides sociales, alimentaires, prenant aussi en compte la question de l’insertion professionnelle des jeunes, la revalorisation des carrières des filières féminisées, une revalorisation des minimas sociaux et des salaires, un droit à un logement digne et salubre, le gel des loyers et des crédits, l’indemnisation de tous les privé-es d’emploi y compris ceux et celles qui n’ont pas droit aujourd’hui au chômage partiel, la prise en compte des revendications des intermittent-es, l’abrogation ou abandon des réformes régressives (assurances chômage, retraites, transformation de la fonction publique..), un budget conséquent pour les services publics et le système de santé qui doivent être déployés sur tout le territoire.

Ces mesures ne sont pas irréalistes : une autre répartition des richesses est nécessaire et celle-ci relève bien d’un choix de société. 

Les dernières annonces concernant les personnels soignants sont emblématiques d’une volonté d’inscrire les mesures nouvelles dans un cadre individualisé et dans l’idéologie du « travailler plus pour gagner plus ». Or, particulièrement dans une telle période de crise, l'ensemble des salarié-es auraient plutôt besoin qu’on ouvre des perspectives pour un système de protection sociale conforté et repensé, offrant des sécurisations collectives porteuses de progrès social dans tous les domaines (emploi, santé, logement, alimentation, etc.). 

Publié le 24/05/2020

Parlons (Inter) Net

 

(site legrandsoir.info)

 

Faut-il mettre des guillemets à médias ?

Nos médias avaient su faire la différence entre deux types d’infractions au confinement : on avait les inconscients du 9.3, aperçus au bas des barres d’immeubles et les Parisiens des beaux quartiers flânant dans les parcs pour n’avoir pas pu « résister à l’appel du soleil ».

Quand des commandos armés débarquent « selon Maduro » en plusieurs points du Venezuela (dont l’un se situe à 40 kilomètres de Caracas) avec pour mission de l’assassiner, de le remplacer par Juan Guaido (président autoproclamé et adoubé par Macron) et de tirer sur la foule des manifestants bolivariens patriotes, nous assistons à une « tentative d’incursion », une « rocambolesque équipée » conduite par un « pied nickelé ».

Bref, rien de grave dans cette sous-région états-unienne regorgeant de pittoresques généraux Tapioca (1).

Mais en France, quand des manifestants ont brûlé des effigies de Macron, le gouvernement, les médias ont été horrifiés devant ces actes « scandaleux, inacceptables, ignobles, dégradants », ces « appels au meurtre ».

Théophraste R. Futur auteur (peut-être) d’un livre intitulé : « Peuple du Venezuela, ton problème n’est pas Maduro, c’est ton pétrole ».

Note (1). Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

 

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